COMMENT BIEN VIVRE L'ARRIVÉE DE L'AUTOMNE ?
- Benoîte

- 18 oct. 2023
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 oct. 2023
Nous y voilà.
La fin de l'été est là, laissant place à l'automne.
Les journées ont commencé à raccourcir, le soleil perd de sa force, les nuits se refroidissent, le vent souffle et les feuilles amorcent leur changement de couleur avant de se poser délicatement sur la terre.

C'est une saison particulière que beaucoup
d'entre nous peinent à appréhender. Nostalgie de l'été ? Peut-être. Ou peut-être pas.
D’un point de vue ayurvédique, chaque saison est gouvernée par un Dosha. La fin de l'hiver et le printemps sont associé à Kapha Dosha, l'été à Pitta Dosha et l'automne ainsi que la première moitié de l'hiver à Vata Dosha. Ici, dans notre climat.
Nous sommes donc en pleine saison Vata.
Vata Dosha est un déséquilibre lié aux éléments Air et Ether (espace).
En pensant à ces deux éléments, on peut observer leurs caractéristiques tout autour de nous : froid, mouvement, sécheresse, légèreté, subtilité, rapidité, clarté…
Vata n'est pas simplement présent autour de nous. Tout comme Pitta et Kapha, les trois sont présents dans chaque élément de la nature et donc en nous.
Vata est associé à l'air dans le corps (respiration, gaz), à ce qui est impalpable (système nerveux, voix), et au mouvement (colon, partie basse du corps), entre autres.
On reconnaît Vata à travers l'apparence physique : un corps grand et fin, des difficultés à prendre du poids, des cheveux fins, une peau sèche, une bouche fine, peut-être le teint gris... Ainsi que par le caractère : une personne active, joyeuse, alerte, généreuse, qui ne reste pas en place, qui aime les choses simples etc.
Chaque individu, par sa constitution naturelle ou par déséquilibre, a un ou deux doshas dominants. Les personnes ayant une dominance Vata seront particulièrement affectées par l'arrivée de l'automne. Cela n'empêchant pas les autres d'en ressentir aussi les effets.
Si nous ne faisons pas attention ou si nous n'en sommes pas conscients, Vata peut rapidement devenir excessif. Trop de mouvement, d'agitation, une alimentation crue, la consommation d'aliments secs et froids, entreprendre trop de choses en même temps, ou faire des activités sportives comme la course à pied ou l'équitation, tout cela active Vata Dosha.
Dosha ce traduit comme défaut, mais il ne faut pas voir cela comme nécessairement négatif. Les Doshas détruisent le corps mais le soutiennent (maintiennent) également. Il n'y a destruction que lorsqu'un Dosha est anormalement présent et qu'il y a donc un déséquilibre.
En cas de déséquilibre, nous pouvons ressentir certains symptômes physiques tels que des ballonnements, constipation, tremblements, arthrose, problèmes de mobilité, insomnie, etc. Des symptômes émotionnels comme de l’anxiété, de la confusion, de l’insécurité, ou même devenir lunatique. Ainsi que des symptômes liés au mental, dépression nerveuse, apparition de tics ou de tocs, oublis etc.
Autant d'aspects caractéristiques d'un dérèglement de Vata.
Alors, comment rétablir l'équilibre ?
Tout simplement en adoptant des habitudes inverses à celles qui caractérisent Vata.
Pour contrer le froid, on cherchera la chaleur. L’humidité pour contrer la sécheresse. La stabilité, l'immobilité pour apaiser l’agitation. Le gras pour adoucir le rugueux, de la densité pour contrer la légèreté.
Vata nous invite à nous tourner vers l’extérieur, à aller dans tous les sens.
Pendant cette période, nous chercherons donc à revenir à soi, vers l'intérieur, à retrouver le contact avec la terre, à s’enraciner, à ralentir.
ON NE LÂCHE PAS PRISE.
Je ne suis pas d'accord avec cette phrase qui apparaît trop souvent à mon gout.
Voici la définition du Larousse pour lâcher prise: "Moyen de libération psychologique consistant à se détacher du désir de maîtrise".
Accepter qu'il y a des choses que nous ne pouvons maîtriser, comme les saisons, le temps, les personnes autour de nous c'est ok. Mais nous avons la maîtrise de notre corps, de notre hygiène de vie.
NOUS POUVONS FAIRE LE CHOIX DE TENDRE VERS L'ÉQUILIBRE À TRAVERS NOS ACTIONS ET NOS PENSÉES.
Calmer l'agitation (mental/physique) qui peut apparaître en cette période demande de la concentration, des efforts. On accepte ce qu'on ne peut pas maîtriser mais on ne lâche pas tout pour autant, sinon on va tout simplement subir les effets de Vata et lui laisser place, pour filer droit vers le déséquilibre.
Alors concrètement, qu’est-ce qu’on peut faire ?
On modifie notre alimentation.
La nature nous offre tout ce dont on a besoin. Il suffit d’observer les fruits et légumes de saison. Les couleurs sont chaudes, les goûts sont doux (courge, potiron, patate douce, figues, coing, poire, noisette, etc.).
On recherche une alimentation avec des goûts doux, salés, acides, épicés, et à manger chaud, huileux, onctueux, voire lourd.
Et surtout, éviter tout ce qui est sec, léger, frais, croquant et les goûts amer, astringents, piquants. Les soupes de légumes sont une excellente idée, auxquelles on ajoutera volontiers des épices.
On fait attention à nos activités.
On évite les activités avec trop de mouvements, ainsi que les écrans (jeux vidéo, TV, ordinateur, etc.) qui activent Vata, et on se tourne plutôt vers des activités modérées qui n'incluent pas de vitesse, comme les activités manuelles, de logique ou encore créatives.
Pourquoi pas une belle balade en forêt pour aller cueillir des champignons ?
À noter que le jardinage et les balades en pleine nature sont des activités équilibrantes pour toutes les constitutions tout au long de l’année.

On adapte notre style de vie.
On évite de voyager ou les gros changements.
C’est une période propice à la créativité, au travail, à l’écriture et à la lecture. On revient à soi et on prend du temps pour soi, mais aussi pour passer des moments en famille et entre amis.
Si vous avez envie de rester au chaud avec votre plaid tout doux à faire des câlins, profitez-en !
Et surtout, on se crée une routine, un emploi du temps, pour ne pas se laisser dépasser.
Peut-être est-ce l’opportunité de mettre en place une Dinacharya, un ensemble de règles journalières, et d'y incorporer l’Abhyanga (auto-massage).
Et faites attention à votre sommeil.
Et en ce qui concerne le yoga ?
Eh bien, c’est un peu comme dans la vie, on cherche à ralentir
Dans la pratique physique, on fait attention à ne pas faire de mouvements parasites, des mouvements inutiles et qui ne servent à rien. Vous savez, quand vous bougez votre main trois fois, alors que vous pourriez la poser correctement dès la première fois. Ou quand vous gigotez dans tous les sens dans votre chien tête en bas. Ça vous parle ? On arrête.
On se concentre, on prend conscience de chaque mouvement.
Alors quelque part, à part certaines exceptions, c’est toujours le cas, quelle que soit la séance et la période de l’année, mais on va particulièrement insister sur ces aspects dans une séance "Apaiser Vata". On va travailler proche de la terre, chercher à s’enraciner et aussi à se recentrer, tout cela dans une ambiance très douce et calme, sans créer d'air.
Mais le yoga n’est pas seulement une pratique physique.
Pendant cette période, on peut faire des pranayamas (exercices de respiration) comme Nadi Shodana qui rééquilibre les énergies, ou Apana pranayama qui apaise et calme l’agitation, Apana étant le courant énergétique vers la terre. Il y en a d'autres bien sûr, l’important étant de calmer l’agitation et de revenir en soi, une simple concentration sur la respiration peut suffire.
On peut cultiver Svadhyaya, l’étude de soi en développant sa spiritualité à travers des lectures philosophiques et spirituelles par exemple.
Ou encore cultiver Dhyana, la méditation. Si la méditation au sens propre, vider complètement l’esprit, reste difficile d’accès, peut-être faire l’expérience de la méditation guidée. Toujours autour de thèmes reliés à l'apaisement de Vata Dosha.
IL N'Y A PAS DE RÈGLES ABSOLUES QUI FONCTIONNENT POUR TOUT LE MONDE, PARTOUT.
Si vous avez un déséquilibre Vata, peut-être allez-vous vous retrouver dans certains aspects. Si vous avez une dominance Pitta ou Kapha, peut-être pas, ou peu.
Le dérèglement climatique peut aussi venir perturber ces observations, ainsi que le lieu où vous vivez. Si vous lisez ces mots depuis les Caraïbes, le Vietnam ou ailleurs, on ne sera peut-être pas en saison Vata.
Ne restons pas focalisés sur des indications de base, mais plutôt sur les aspects de Vata.
APPRENONS À OBSERVER CE QUI SE PASSE EN NOUS ET AUTOUR DE NOUS
de façon à vivre un peu plus en équilibre avec la nature et l’univers qui nous entoure.
J'espère que cet article et les informations transmises pourront vous être utiles.
Si vous avez des questions n'hésitez pas à m'envoyer un message, je me ferai une joie de vous répondre.
À bientôt,
Ben ✨





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